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Fin de la récré pour le secteur financier

6 novembre 2009

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Il ne passe pas une journée, ou presque, sans que les banques soient pointées du doigt, ou contraintes de montrer patte blanche. Voilà bien une des conséquences heureuses de la crise : placer, au cœur du débat public, la question des mœurs du secteur financier.

Prenons par exemple la semaine qui vient de s’écouler. Lundi : le gouvernement publie un arrêté précisant les conditions de l’introduction, en France, d’un nouveau statut d’établissement de paiement, ouvert aux acteurs non-bancaires. Conséquence : dans les mois à venir, les banques risquent bien de voir fleurir une multitude de nouveaux concurrents, bien décidés à leur tailler des croupières.

Mardi : Christine Lagarde, la ministre de l’économie, réceptionne un rapport rédigé par Bruno Deletré, inspecteur général des finances. Celui-ci propose, ni plus ni moins, d’inscrire dans la loi le principe de loyauté des banques vis-à-vis de leurs clients : plus question de faire passer son propre intérêt commercial avant l’intérêt de la clientèle.

Mercredi : la France, toujours prompt à poser en première de la classe, s’inquiète du manque d’empressement des autres pays à mettre en œuvre les mesures d’encadrement des bonus des traders, telles qu’elle ont été décidées dans le cadre du G20 de Pittsburgh.

Suite logique jeudi : l’arrêté du gouvernement sur la question paraît au Journal officiel. Il ne va pas jusqu’à parler chiffres, mais introduit un rapport entre le montant des bonus et les fonds propres de la banque, ainsi qu’un étalement dans le temps de leur versement. Le même jour, Baudoin Prot, DG de BNP-Paribas et président de la FBF, se fend de déclarations dans la presse : les banques françaises ont bien retenu la leçon, rien n’est plus, d’après lui, comme avant la crise financière. Rien, ou presque : le matin même, sa société avait annoncé des bénéfices, au troisième trimestre, en hausse de près de 50 % par rapport à la même période de 2008…

En remontant plus loin, j’aurais également pu évoqué le « crédit responsable » de Christine Lagarde, actuellement en discussion au Parlement, ou en élargissant aux assureurs, la récupération, par l’Etat, du capital des contrats d’assurance-vie en déshérence… N’en jetons plus : la fin de la récré semble bien avoir sonné pour le secteur financier. Reste toutefois à apprécier la portée réelle de cette soudaine agitation : simple écran de fumée ou réelle volonté de changer les règles du jeu ?

Illustration © CC by Flickr – Epimetheus

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